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Tissage en rouge, noir et bleu
Acrylique et crépi sur toile de jute, 70x90 cm,
2008-2009
Ce tableau est travaillé comme un tapis: la ville est
tissée, prise dans la texture de la toile. Les fils horizontaux et les
fils verticaux s'entremêlent pour conjurer l'effondrement des
constructions aux fondations chancelantes.
La première version de la peinture est entièrement rouge : le bleu l'a
recouvert, transformant radicalement l'image. Avec le rouge, c'était une
ville en plein embrasement, en train de s'écrouler, les verticalités
étaient les torches incandescentes et vacillantes d'une ville meurtrie.
Le bleu crée un dynamisme inverse, donnant l'impression d'un mouvement
ascendant. Les traits bleus sont des cicatrices, les fils qui
raccommodent les blessures. Ils renouent l'espace et redonnent à la
verticalité son énergie. Le bleu, lumineux et volontaire, redresse les
constructions d'une cité qui ne se laisse pas abattre, même si elle est,
par endroits, gangrénée. Grâce au bleu recouvrant le rouge et
s'insinuant dans les failles, New York n'est plus le colosse aux pieds
d'argile mais le Phoenix qui renait de ses cendres. Le bleu cimente et
colmate les carrés fragmentés. Les gratte-ciel sont devenus les tours de
guet, les donjons d'un château ambulant, impavide dans son armure.
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