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Rectangle Morphophage ou Dragon-Ville Ce tableau évoque à la fois la carte des Etats-Unis et
New York. Il rappelle un de mes autres tableaux, "Baleine de Jonas". Rien de surprenant à cela puisque New York est à la
fois tout cela. Une ville boulimique, monstrueuse, grouillante,
mythique, qui crache du feu et qui flotte sur l’eau. Depuis près d’un an, j'emploie une pâte épaisse, du
torchis dans lequel j'imprime de profonds sillons à l’aide d’instruments
utilisés dans la maçonnerie. Mes tableaux prennent du relief, des petits
pics accrochent mieux la lumière que les zones plus lisses. A l’inverse, je creuse parfois tellement que j'en
détruis la peinture, jusqu’à révéler la toile vierge en réserve. Comme
dans un palimpseste, la matière nouvelle laisse transparaître en
filigrane les écritures premières. Le creusement des matières jusqu’à
retrouver le filigrane efface même parfois ces écritures premières et on
se retrouve devant le degré zéro de la peinture, la toile blanche. A New York, j'ai découvert une ville faite de strates
temporelles à la manière d’un palimpseste. Dans cette cité, toujours en
chantier, toujours en construction, les immeubles en démolition côtoient
les buildings flamboyants, les ruines urbaines coexistent avec les
architectures luxueuses. C’est la ville du graffiti, c’est-à-dire de
l’art inscrit dans la vie temporelle de la ville : les murs de New York
sont des palimpsestes. Détails :
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