Coup de vent sur Central Park

Acrylique, crépi sur toile de jute ; 70x90 cm ; 2008

« J'ai beaucoup souffert pour ce tableau. Un jour j'ai abandonné, et j'ai couvert de crépi deux grandes couches en oblique suivant des mouvements ascendants. Après, je me suis laissée prendre par le tableau. »

Il était une fois une femme pauvre qui habitait dans un village gris et rude. Elle tissait de l'aube au crépuscule des tapisseries qui lui permettaient de vivre.
Une nuit, elle fit un rêve : elle vit un village qui ressemblait au sien mais infiniment plus beau. Il l'éblouit tellement qu'à son réveil elle voulut broder son rêve, avant qu'il ne s'efface de sa mémoire. Trois ans durant, elle se mit à l'ouvrage, sans relâche, y mettant toutes ses forces.
L'ouvrage terminé, elle voulut le contempler à la lumière du jour quand un coup de vent subit emporta la tapisserie « comme une voile, comme un oiseau aux vastes ailes »...
Ce n'est pas un coup de vent ordinaire qui a emporté le carré de tapisserie...

(d'après Henri Gougaud, « La Broderie », conte tibétain, L'arbre à soleils, Ed. du Seuil)

Détails :

 

 

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